Législatives 2026 : le PAM en tête, le PJD de retour… ce que disent vraiment les résultats

Législatives 2026 : le PAM en tête, le PJD de retour… ce que disent vraiment les résultats

Le PAM arrive en tête des législatives du 23 septembre avec 97 sièges, devant le RNI et l’Istiqlal. La coalition sortante conserve une majorité possible, tandis que le PJD retrouve du poids au Parlement. Mais le chiffre qui pèsera sur la prochaine législature est celui de la participation : seuls 38,08 % des électeurs inscrits ont voté.

Le scrutin a changé le chef de file de la majorité potentielle sans nécessairement changer ses composantes. Selon les résultats provisoires annoncés par le ministère de l’Intérieur, le Parti authenticité et modernité (PAM) obtient 97 des 395 sièges de la Chambre des représentants. Le Rassemblement national des indépendants (RNI) suit avec 66 sièges, devant l’Istiqlal (65) et le Parti de la justice et du développement (PJD), quatrième avec 54 élus.

Pour le PAM, cette première place ouvre une nouvelle séquence. L’article 47 de la Constitution prévoit que le Roi nomme le chef du gouvernement au sein du parti arrivé en tête des élections législatives. Elle ne dispense toutefois pas ce parti de réunir une majorité parlementaire pour faire investir son gouvernement.

Une majorité possible, avec un autre rapport de force

Sur le papier, la solution la plus directe existe déjà : le PAM, le RNI et l’Istiqlal, partenaires du gouvernement sortant, totalisent 228 sièges, soit 30 de plus que la majorité absolue de 198. Cette addition rend possible la reconduction de leur alliance, cette fois avec le PAM à sa tête. Elle ne préjuge ni de l’issue des négociations ni du programme qu’adopteraient les trois partis.

Le changement interne est pourtant net. Le RNI passe de 102 sièges en 2021 à 66 dans le décompte provisoire de 2026. L’Istiqlal recule de 81 à 65, tandis que le PAM progresse de 87 à 97. À eux trois, les partis de la coalition sortante passent ainsi de 270 à 228 sièges. Ils gardent la capacité de gouverner ensemble, mais avec un mandat parlementaire moins large et sous un nouveau leadership.

Il serait prématuré d’attribuer à une seule cause le recul du RNI ou de l’Istiqlal. Les résultats publiés à ce stade donnent une répartition des sièges, pas une enquête sur les motivations des électeurs. Ils montrent néanmoins que le parti qui dirigeait le gouvernement sortant a perdu la première place, alors que son partenaire, le PAM, l’a conquise. C’est cette redistribution, au sein même de l’ancienne majorité, qui structurera les négociations.

Le PJD retrouve une place dans le débat

L’autre progression majeure concerne le PJD. Avec 54 sièges contre 13 en 2021, le parti redevient une force parlementaire de premier plan. Son résultat ne le place pas en tête, mais il lui donne davantage de moyens pour peser sur les débats et exercer le contrôle parlementaire, selon la place qu’il choisira dans la prochaine configuration politique.

Cette remontée ne suffit pas, à elle seule, à qualifier le scrutin de basculement vers l’opposition. Le bloc formé par les trois partis de la majorité sortante reste majoritaire en sièges. Les urnes ont donc produit deux mouvements simultanés : une coalition qui peut conserver le pouvoir et une opposition potentiellement plus forte pour lui demander des comptes.

La participation, véritable épreuve du prochain mandat

Le résultat le plus difficile à ignorer est ailleurs. Le ministère de l’Intérieur établit la participation à 38,08 %, contre 50,86 % en 2021, soit un recul de 12,78 points. Près de six électeurs inscrits sur dix ne se sont pas rendus aux urnes cette année. La comparaison doit être lue avec précaution : en 2021, les législatives étaient organisées en même temps que les élections communales et régionales. Elle n’enlève rien à la question posée par le niveau de participation de 2026.

On ne peut pas déduire de l’abstention une opinion politique unique. Elle ne dit pas, à elle seule, combien d’électeurs ont voulu sanctionner les partis, combien ne se sont reconnus dans aucune offre ou combien ont simplement renoncé à voter. Des données plus détaillées sur les territoires, les âges et les votes seront nécessaires pour aller plus loin.

Pour le futur gouvernement, le défi est déjà concret. Une majorité de 228 sièges peut permettre de gouverner. Elle ne suffira pas à restaurer le lien avec les électeurs qui ne se sont pas déplacés. La prochaine coalition sera attendue sur sa capacité à fixer des priorités lisibles, à rendre compte de ses résultats et à répondre aux préoccupations qui dominent le débat public, notamment le pouvoir d’achat et l’emploi.

Le PAM a remporté la première place. La question politique des prochains jours sera celle de ses alliés ; celle des prochaines années sera de savoir si cette majorité peut obtenir davantage que l’adhésion de ses seuls partenaires parlementaires.

 

 

 

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