Future of Finance 2026 : en 2025, le secteur financier a créé plus de valeur pour ses actionnaires que toute autre industrie

Future of Finance 2026 : en 2025, le secteur financier a créé plus de valeur pour ses actionnaires que toute autre industrie

Le rapport mondial de BCG fait de l’intelligence artificielle le moteur de la prochaine vague de croissance, une opportunité majeure pour les banques africaines, et le Maroc en particulier.
 

Boston Consulting Group (BCG) publie Future of Finance 2026 – Time to Shift Gears ? la troisième édition de son étude annuelle sur le secteur financier mondial, qui analyse les performances de près de 1 500 institutions financières à travers le monde, dont les principaux marchés africains.

Au niveau mondial : une performance record, mais une croissance à prouver

Premier enseignement : en 2025, les institutions financières ont enregistré un rendement de plus de 30% pour leurs actionnaires, surpassant tous les autres secteurs — technologie incluse. Pour la première fois depuis des années, la majorité des banques mondiales sont valorisées en bourse au-dessus de leur valeur comptable. Cette performance repose sur des bases solides : croissance retrouvée des revenus, discipline rigoureuse sur les coûts et bilans renforcés.

Pourtant, un paradoxe demeure : les investisseurs continuent de valoriser les banques avec une décote d’environ 40 % par rapport à la moyenne des autres industries. Le redressement opérationnel est salué mais c’est désormais la démonstration d’une capacité de croissance durable qui est attendue.

Pour franchir cette étape, le rapport identifie trois leviers :

• Faire de l’IA le moteur d’une transformation structurelle : les gains de productivité sont significatifs et les établissements leaders dans l’adoption de l’IA commencent à en tirer les bénéfices : +50% de productivité dans l’octroi de crédit, +30% d’équipement de clients épargne …

Au-delà des enjeux de productivité, l’IA élargit les marchés adressables en abaissant le coût de service et en rendant rentables des segments jusqu’ici hors de portée. Les institutions financières ont prévu d’ailleurs de consacrer 2,0% de leur chiffre d’affaires en 2026 aux projets IA (contre 0,9% en 2025) soit presque le niveau du secteur technologique (2,1%)

• Investir dans de nouveaux relais de croissance : financement des TPME, services de trésorerie pour les entreprises de taille moyenne, nouveaux produits plus personnalisés pour les clients Retail autant de nouveaux relais pour les établissements financiers, que l’IA contribue d’ailleurs à adresser de manière plus efficace et plus rentable

• Remettre les fusions-acquisitions au coeur de la stratégie : pour la première fois depuis plus d’une décennie, les conditions sont réunies : valorisations attractives, niveaux élevés de capital disponible, attentes favorables des investisseurs. Les institutions financières affichent aujourd’hui le plus fort élan de tous les secteurs en matière de M&A

Le rapport souligne enfin l’émergence d’un nouvel environnement concurrentiel, porté par les acteurs financiers non bancaires qui représentent désormais 20% des revenus mondiaux des banques de financement et d’investissement et par les stable coins. Ces nouveaux modèles ne désintermédient pas nécessairement les banques traditionnelles : dans un écosystème plus ouvert et plus interconnecté, le rôle de tiers de confiance des banques pourrait même devenir plus déterminant.

En Afrique : des banques solides, idéalement placées pour la prochaine vague

Les banques africaines comptent parmi celles qui ont créé le plus de valeur ces dernières années, et la plupart des banques cotées affichent des valorisations solides. Mais c’est sur le terrain de la croissance celui qu’attendent les marchés qu’elles disposent d’un atout que beaucoup de marchés matures n’ont plus : d’immenses besoins encore non couverts. Faible taux de bancarisation, accès limité au financement des TPME, écosystèmes de paiement parmi les plus dynamiques au monde… autant de leviers de développement que l’intelligence artificielle peut rendre plus accessibles et plus rentables pour le secteur financier.

“Les banques africaines abordent cette nouvelle phase en position de force, après plusieurs années de croissance et de diversification. Le vrai sujet n’est plus la solidité du secteur, mais sa capacité à ouvrir de nouveaux moteurs de croissance, nouveaux besoins des clients, inclusion, financement des entreprises, expansion régionale et à se positionner face aux forces qui redessinent le secteur financier” : Othman Omary, Managing Director & Partner, Responsable de la Practice Institutions Financières, BCG Africa

Au Maroc : l’IA pour transformer un potentiel de croissance en réalité

En 2025, les banques marocaines ont confirmé leur résilience : croissance d’environ 8% des bilans consolidés, maîtrise des coûts, amélioration de la qualité des actifs et diversification des revenus. Ces fondamentaux renforcés témoignent d’un secteur qui a su tirer parti d’un environnement favorable tout en consolidant ses bases structurelles.

Cette solidité s’est traduite par un niveau de revalorisation satisfaisant du secteur bancaire marocain, reflet de la confiance des investisseurs dans sa trajectoire. Les banques marocaines disposent ainsi aujourd’hui d’une capacité d’investissement rare — un atout stratégique à mobiliser.

L’enjeu, désormais, est d’ouvrir de nouveaux moteurs de croissance. Les marchés les plus prometteurs — inclusion financière des ménages modestes, financement des TPE et PME, services à valeur ajoutée pour les particuliers et les entreprises — ont longtemps été freinés par des coûts de service élevés et des marges limitées. L’IA change cette équation : en améliorant l’efficacité opérationnelle et la qualité de l’analyse du risque, elle rend ces marchés accessibles et rentables. Pour les banques marocaines, c’est le levier qui peut transformer leur position de force en avantage compétitif durable

“L’intelligence artificielle est devenue un levier de création de valeur, bien plus qu’un sujet technologique. Le fait que les institutions financières s’apprêtent à y investir presque autant que le secteur technologique en dit long. Au Maroc, les banques qui repenseront leurs processus de bout en bout autour de l’IA, et pas seulement par petites touches, prendront une avance décisive.”
Othman Omary, Managing Director & Partner, Boston Consulting Group Casablanca

Pour les banques marocaines, l’IA constitue ainsi bien plus qu’un levier technologique : elle peut devenir le moteur d’une nouvelle phase de croissance, en permettant de servir davantage de clients, à moindre coût, avec des modèles opérationnels plus scalables et plus résilients.

 

 

 

 

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