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Marché obligataire: les signaux de détente se multiplient

Marché obligataire: les signaux de détente se multiplient

Les taux de rendement sur la dette s’inscrivent en net repli depuis quelques semaines.

Les investisseurs espèrent voir cette détente s’étendre sur la partie plus longue de la courbe.

 

Par Y. Seddik

Les tensions semblent s’apaiser sur le marché obligataire, surtout après la panoplie de mesures initiées par le Trésor depuis le début de l’année pour tenter de contenir la hausse des taux. Force est de constater que les dernières séances d’adjudication sur le marché obligataire sont plutôt rassurantes pour les opérateurs de marché et remettent en cause le consensus haussier sur les taux obligataires pour le reste de l'année.

À une semaine de la clôture des levées du mois de mai 2023, le Trésor affiche un dépassement de ses besoins annoncés de 20%. Les souscriptions cumulées du mois s’établissent à près de 14,7 milliards de DH contre une prévision mensuelle de 12,3 milliards de DH. En effet, les opérateurs assistent à un retour d’appétit envers les bons du Trésor, atténuant ainsi les tensions sur les exigences de rentabilité des investisseurs. Depuis le début du mois de mai, l’on peut clairement observer un mouvement baissier des taux au sein des deux courbes primaire et secondaire obligataires, atteignant les 11 pbs pour la maturité 10 ans, à titre d’exemple. Signalons que la tendance baissière actuelle des taux demeure globalement en ligne avec le scénario AGR.

«Nous restons convaincus que la nouvelle stratégie de financement du Trésor orientée vers le marché extérieur devrait financer ses besoins grandissants sans induire de pressions additionnelles au niveau domestique», précise le bureau dans une note de recherche.

 

4 paramètres vont driver la tendance

Selon la propre lecture de AGR, l’évolution des taux obligataires au Maroc est tributaire de plusieurs paramètres : premièrement et essentiellement, l’orientation de la politique monétaire de la Banque centrale durant le deuxième semestre 2023. Après 3 relèvements successifs du taux directeur depuis septembre dernier, l’institution semble déterminée à agir pour réduire l’inflation. «Selon nous, BAM maintiendrait en toute logique le cap monétaire restrictif en 2023», estiment les analystes.

Ensuite, la concrétisation des financements extérieurs prévus dans la Loi de Finances 2023. Un élément qui agit sur les anticipations haussières des opérateurs sur les taux. La sortie à l’international de 2,5 milliards de dollars US est en ligne avec les financements extérieurs prévus dans le cadre de la Loi de Finances 2023 à 60 milliards de DH. Le taux de réalisation des tirages extérieurs ressort donc à 50% à fin mars 2023, contre 60% en moyenne sur la période 2021-2022. L’autre paramètre mis en avant par le bureau de recherche a trait à l’orientation des besoins de financement du Trésor à fin 2023. En dépit de la bonne maîtrise budgétaire, les besoins du Trésor devraient croître à 20 milliards de DH / mois d’ici la fin de l’année.

À l’origine, la hausse des tombées du Trésor à environ 180 milliards de DH en 2023. Cette évolution s’explique par la nouvelle stratégie d’émission du Trésor au cours du 4ème trimestre 2022 axée sur le compartiment court terme. Le dernier élément est la poursuite du retour de l’appétit des investisseurs envers les BDT. «La hausse des taux de rémunération de la courbe obligataire n’est toujours pas en mesure de rétablir les taux réels en territoire positif, compte tenu de la persistance des tensions inflationnistes», jugent les analystes pour qui l’appréciation de la demande en BDT au 1er trimestre 2023 est à relativiser. Celle-ci s’est opérée dans un contexte d’absence des financements innovants du Trésor et d’une amélioration du déficit de liquidité du système bancaire.

En somme, les investisseurs espèrent voir la détente des rendements sur la partie courte et moyenne de la courbe des taux se répandre sur la partie plus longue, réduisant ainsi leurs pertes et moinsvalues latentes et offrant au Trésor de meilleures conditions de financement. Un scénario intimement lié à l'évolution de l'inflation qui affiche un léger mieux ces deux derniers mois. 

 

 

 

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