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Bourses africaines: la nécessaire intégration

Bourses africaines: la nécessaire intégration

Représentant moins de 2% de la capitalisation boursière mondiale, les Bourses africaines doivent agréger leurs atouts pour être plus visibles et attirer les investisseurs.

 

Par A. H

Grand-messe des représentants des marchés boursiers africains à Casablanca la semaine dernière, à l’occasion de l'Africa Capital Markets Forum. Une réunion continentale où l’on a beaucoup discuté intégration régionale et financement des PME à travers les marchés financiers, ainsi que du rôle de facilitateur demandé aux régulateurs de la région.

En ouverture de l’évènement, Kamal Mokdad, président du Conseil d'administration de la Bourse de Casablanca, a bien rappelé les enjeux : «Les Bourses doivent jouer un rôle majeur dans le financement de la relance économique et se positionner comme locomotive de développement de nos différentes économies… La conjoncture de relance économique que nous traversons actuellement est une situation idoine gagnantgagnant entre le besoin des pouvoirs publics de soutenir l'économie réelle et la nécessité d'apporter des mécanismes de soutien appropriés pour le développement pérenne des marchés de capitaux», a-t-il soutenu.

Au Maroc, le nouveau modèle de développement comme catalyseur

Mokdad a rappelé que le nouveau modèle de développement a placé la Bourse de Casablanca au cœur de son architecture financière permettant de soutenir la relance économique et la croissance inclusive, avec des objectifs ambitieux. Ainsi, la place casablancaise œuvre de concert avec tout son environnement dans le but d'accroître davantage son attractivité, tant auprès des entreprises publiques que privées qu’auprès des investisseurs nationaux et internationaux, a-t-il précisé.

Sur le plan régional, la Bourse de Casablanca œuvre pour impacter positivement les flux d'investissements vers l'Afrique subsaharienne dans le cadre de la vision de coopération Sud-Sud du Maroc, et à travers notamment le transfert et le partage du savoir-faire technologique avec les Bourses africaines. Il a aussi mis en lumière les différents projets menés pour contribuer à une meilleure intégration des marchés financiers africains et positionner, de ce fait, l'Afrique en tant que destination majeure pour les flux d'inversement financiers mondiaux.

La nécessaire intégration

Pour sa part, Edoh Kossi Amenounve, président de l'Africa Securities Exchanges Association (ASEA), a rappelé la triste réalité du continent : la capitalisation totale des Bourses africaines s'élève à un peu plus de 1.580 milliards de dollars américains à fin 2021, soit 1,68% de la capitalisation boursière mondiale. Le poids des Bourses africaines reste faible dans le financement des économies, avec un ratio de la capitalisation boursière sur le produit intérieur brut (PIB) qui représente 60% en Afrique contre 72% en Europe et 180% aux Etats-Unis.

Le président de l’ASEA a souligné la nécessité de réussir une intégration des Bourses africaines, eu égard à ses différents avantages aussi bien auprès des investisseurs que des émetteurs et des systèmes financiers globalement. Pour Edoh Kossi Amenounve, l’intégration offre aux investisseurs un accès à un marché plus étendu, accroît les possibilités de placement et offre une plus grande profondeur.

Quant aux émetteurs, ils peuvent sortir de «l’isolement» en bénéficiant d’une cotation sur un marché plus large et une plus grande visibilité. A ce titre, le président de l’ASEA a brièvement montré, pour le première fois au public, la plateforme du projet AELP (African Exchanges Linkage Project), qui permettra dans un premier temps aux investisseurs institutionnels africains d’ouvrir des positions depuis leur pays dans l’une des 7 Bourses africaines participantes au projet.

Pour le moment, 4 Bourses, dont la BRVM, la Bourse de Casablanca, celle du Nigéria et celle du Caire ont correctement été intégrées à la plateforme. L’on apprend en parallèle que 5 sociétés de Bourse marocaines ont déjà intégré le projet. Il s’agit d’Attijari Intermédiation, BMCE Capital Bourse, CDG Capital Bourse, CFG Marchés et Upline Securities. Au total, ce sont 30 brokers du continent qui ont confirmé leur participation à ce projet pilote. 

 

 

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