Plan d’accélération industrielle : Qualité, la pièce manquante du puzzle

Qualité, la pièce manquante du puzzle

 

La refonte du système national d’accréditation et de normalisation est une réforme indispensable pour relever le défi de l’accélération industrielle. 2018 sera une année charnière pour la qualité.

 

 

La qualité n’est plus un choix, mais une exigence plus que nécessaire pour donner un coup de pouce à l’économie marocaine. Elle est l’une des composantes essentielles pour atteindre les objectifs du Plan d’accélération industrielle.

C’est le constat relevé par Moulay Hafid Elalamy, ministre de l’Industrie, du Commerce, de l’Investissement, et de l’Economie numérique, lors de la 21ème édition de la Semaine nationale de la qualité organisée sous le thème: «Quelle infrastructure qualité pour accompagner le Plan d’accélération industrielle ?».

«La mise en place d’une infrastructure qualité aux normes internationales est la clé de voute de l’accélération industrielle amorcée au Royaume», a-t-il précisé. Assurément, nous ne pouvons parler de performance sans intégrer l’approche qualité dans nos processus de production, de management mais aussi de gouvernance. Une approche qui est plus axée sur la normalisation, la certification, l’accréditation, la métrologie et la surveillance du marché, dans le déploiement des écosystèmes industriels.

C’est pourquoi Moulay Hafid Elalamy a insisté sur l’impératif de lancer la refonte du système national d’accréditation et de normalisation. «Nous devons renforcer notre système en l’arrimant aux standards internationaux. Nos normes doivent être reconnues à l’échelle internationale», tient-il à préciser.

C’est dire que le Maroc a besoin en urgence d’une mise à niveau pour rattraper le retard dans ce domaine. L’enjeu est donc de taille. Surtout que d’autres pays, dont l’économie est beaucoup moins puissante que celle du Maroc, ont fait des pas de géant en matière de qualité, ce qui leur a permis de se forger une place de choix sur l’échiquier international.

«La qualité se positionne comme un avantage comparatif, concurrentiel et distinctif pour toute entreprise qui s’inscrit dans le management et le respect de la qualité avec des engagements supplémentaires pour la santé et la sécurité au travail, pour l’environnement et le développement durable, pour l’éthique et la responsabilité sociétale et enfin pour la satisfaction du client», a souligné de son côté Ahmed Bouhaouli, président de l’Union marocaine pour la qualité (UMAQ).

Mieux encore, la qualité se veut un facteur déterminant de compétitivité de l’offre exportable qui, valeur aujourd’hui, constitue un sérieux handicap pour l’économie marocaine.

Pour y faire face, le ministre de l’Industrie a précisé qu’il faut prendre le taureau par les cornes. C’est pourquoi désormais le critère qualité sera parmi les exigences de soumission aux marchés publics. En d’autres termes, les entreprises qui se conforment aux exigences qualité, seront favorisées lors de l’attribution desdits marchés.

«L’ambition du Maroc est de devenir la ou l’une des références continentales. Et pour y parvenir, nous avons commencé par inscrire la démarche de la refonte de notre système qualité dans l’agenda législatif du gouvernement pour 2018. Nous sommes sur les rails et nous allons droit vers cette mise à niveau indispensable», a tenu à préciser le ministre.

 

La surveillance du marché dans le viseur

 

L’autre maillon faible, et pas des moindres, est la surveillance du marché. Et pour cause, nos marchés sont inondés de marchandises importées parfois de mauvaise qualité et qui passent quand même entre les mailles du filet. Une défaillance du système que le ministre assume et à laquelle il compte s’attaquer. «Nous allons parachever le dispositif de la surveillance du marché pour remédier aux défaillances. Nous avons déjà mis en place les process ainsi que les ressources humaines nécessaires pour remédier aux dysfonctionnements du système de contrôle notamment à l’importation», a déclaré Elalamy.

Accélérer la cadence de la production tout en augmentant celle du contrôle qualité figure parmi les priorités du ministre, qui envisage de faire de 2018 une année charnière en matière de qualité. Encore faut-il que les entreprises s’inscrivent dans ce processus de mise à niveau qualitative, dont les retombées aussi bien pour l’entreprise que pour l’économie marocaine sont loin d’être négligeables. ■

 


Les faits marquants de ce 20ème anniversaire

La cérémonie de lancement de la Semaine nationale de la qualité a été l’occasion de la signature de la convention du Mètre pour garantir la reconnaissance internationale des certificats d’étalonnage et de mesurage émis par le Laboratoire national de métrologie marocain. Mais aussi par la remise des trophées du Prix national de la qualité et du Prix national de la sécurité au travail aux entreprises qui se sont démarquées par des démarches qualité ou de sécurité exemplaires.

Cette rencontre a également été marquée par la signature de l’enveloppe du premier jour d’émission du timbre-poste édité en mémoire du 20ème anniversaire de la Semaine nationale de la qualité.

 

 

L. Boumarhou

 

 

 

 

 

 

L’Actu en continu

Hors-séries & Spéciaux