La confiance, premier capital des marchés

La confiance, premier capital des marchés

Le thème choisi pour la première édition du Symposium de l'information financière organisé par Boursenews posait une question en apparence simple : «Communication financière : levier de confiance ou simple obligation réglementaire» ?

Au fil des interventions, une évidence s'est imposée : la communication financière n'est plus une obligation administrative que les entreprises et les institutions s'acquittent à échéances fixes. Elle est devenue une infrastructure invisible sans laquelle aucun marché moderne ne peut durablement prospérer. Il suffit d'observer les mutations du marché marocain pour mesurer le chemin parcouru.

Modernisation de la Bourse de Casablanca, lancement du marché à terme, renforcement des exigences prudentielles et convergence progressive vers les standards internationaux... sont autant d’évolutions techniques qui montrent qu’un marché financier ne se construit pas uniquement avec des plateformes performantes ou des textes réglementaires. Il repose avant tout sur un actif immatériel infiniment plus précieux : la confiance.

Cette idée a traversé l'ensemble des interventions. Le directeur du Trésor et des Finances extérieures a rappelé avec raison que transparence et développement des marchés avancent de concert. Plus l'information est accessible, fiable et régulière, plus les investisseurs acceptent de financer l'économie. Autrement dit, la communication financière ne crée pas la performance économique. Elle lui donne sa crédibilité.

Les régulateurs l'ont parfaitement compris. Bank Al-Maghrib comme l'ACAPS ne parlent plus uniquement de reporting ou de conformité. Elles évoquent désormais la qualité des données, la gouvernance, les risques climatiques, la cybersécurité, les reportings extra-financiers et l'information prospective. Une évolution qui traduit un changement profond : la supervision ne consiste plus seulement à contrôler les chiffres, mais également à apprécier la capacité des institutions à expliquer leur modèle, leurs risques et leur vision.

Le président du Conseil d'administration de la Bourse de Casablanca a sans doute résumé cette transformation avec le plus de force en appelant à passer «d'une culture de la publication à une culture du dialogue».

Toute la différence est là. Le défi est donc autant culturel que réglementaire. Une entreprise qui attend la date légale de publication pour communiquer reste enfermée dans une logique défensive. Celle qui entretient un dialogue permanent avec ses investisseurs construit progressivement un capital de confiance qui finit par devenir un avantage concurrentiel.

Finalement, la question posée au début de cette rencontre appelle une réponse sans ambiguïté. La communication financière n'est plus une obligation réglementaire que l'on subit. Elle est devenue une politique de confiance. Et, dans un monde où les fausses informations circulent parfois plus vite que les faits, la confiance est sans doute le rendement le plus précieux qu'un marché puisse offrir à ses investisseurs.

 

F.Z Ouriaghli

 

 

 

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