Jeux vidéo: l'incurable addiction aux manettes

Jeux vidéo: l'incurable addiction aux manettes

PubG, Fortnite, Freefire …. La liste s’allonge d’une année à l’autre, dans un monde virtuel où des gamers scotchés derrière leur écran décrochent à fond de la vraie vie.

 

Par K.A

 

À fin 2020, le monde compte déjà 2,7 milliards de joueurs, dont 2,5 milliards sur mobile, 1,3 milliard sur PC et 800 millions sur console. Si le risque ne concerne qu’une minorité, il est bien visible.

L’Organisation mondiale de la santé (OMS) en a même fait une maladie mentale qui «se caractérise par une perte de contrôle sur le jeu, une priorité accrue accordée au jeu, au point que celui-ci prend le pas sur d'autres centres d'intérêt et activités quotidiennes, et par la poursuite ou la pratique croissante du jeu en dépit de répercussions dommageables».

À force d'être alertés par les messages relatifs à la soi-disant dangerosité des jeux vidéo, plusieurs parents se préoccupent de ces pratiques. Deux parents rencontrés au centre de gaming Versus Arena, attendant la fin de la session de leur fils, témoignent. «Pour l’heure, la consommation de Ali (leur fils : ndlr) n’est pas excessive. Mais nous avons peur qu’elle le devienne et qu’il décroche scolairement».

Et de confier : «Il lui arrive aussi parfois de passer tout le week-end devant l'ordinateur à jouer. Nous avons l'impression que ça le rend mou et sans initiative». Reda, 42 ans, relève que son fils «n’arrive pas à trouver une curiosité dans d'autres activités. Ne pas être devant son ordinateur ou console signifie pour lui désormais l’ennui. J'ai même l'impression qu’il est obligé de jouer comme si c’était un travail».

De son côté, Achraf, 20 ans, partage son vécu sur l’addiction des jeux vidéo. «Lorsque j’ai acheté ma PS4, je jouais par plaisir. Au fil du temps, les choses ont changé. Je me suis replié sur moimême. La seule chose qui m'importait était de m’asseoir devant ma console. J’ai perdu beaucoup de poids. C’était une obsession et ça parait ridicule. Aujourd’hui, je m’en suis sorti grâce à un soutien psychiatrique et thérapeutique pour reprendre ma vie normale».

En effet, la plus longue recherche à ce jour sur la dépendance aux jeux vidéo réalisée par l’Université Brigham Young, a révélé «qu'environ 90% des joueurs ne jouent pas d'une manière qui leur est nuisible ou entraîne des conséquences négatives à long terme. Cependant, il existe également une minorité de personnes qui deviennent accros aux jeux vidéo. En conséquence, des problèmes mentaux, sociaux et comportementaux peuvent survenir». Il faut donc bien faire la différence entre temps de jeu abusif et dépendance.

Ibrahim Laity, psychologue et gamer, précise que «souvent, les parents ne réalisent pas ce que signifient les jeux vidéo pour leurs enfants. Ce sont des jeux de stratégie et de réflexion qui améliorent la logique et le sens de l'observation. Il y a donc un véritable challenge. Il faut comprendre ce qui motive un enfant à passer son temps devant sa console. Il en ressort également que ces joueurs invétérés doivent consommer d’autres activités (sport, culture, art et musique) pour garder la tête sur les épaules». 

 

Jouer, c’est bon pour la santé ?
L’Organisation mondiale de la santé, qui avait officiellement reconnu, en juin 2018, l’addiction aux jeux vidéo comme un trouble mental, s’est associée le 28 mars à l’opération #PlayApartTogether jouez ensemble, mais à distance», à travers laquelle 18 éditeurs se sont engagés à diffuser au sein de leurs jeux des messages de prévention face à la Covid-19.

 

 

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