5G au Maroc: «Nous sommes encore dans les starting-blocks»

5G au Maroc: «Nous sommes encore dans les starting-blocks»

Investissement, disponibilité, avantages et risques …, la 5G donne lieu à de nombreux questionnements et incertitudes. Pour répondre à ces interrogations, nous avons interpellé Ahmed Elazraq, CEO de l’entreprise technologique GTEL. Éléments de réponse.

 

Propos recueillis par K. A.

Finances News Hebdo : En quoi la 5G constitue-t-elle une révolution technologique ?

Ahmed Elazraq : La 5G est une révolution dans la manière avec laquelle les réseaux mobiles vont pouvoir concurrencer les réseaux fixes en termes de débit et de data, avec une vitesse équivalente à la fibre optique dans certains cas, tout en étant sur un réseau mobile. Les réseaux 5G sont prédisposés à plus de types de communications que les précédents (4G/3G/2G/1G), notamment pour les communications machine to machine (M2M), Internet des objets (IoT). Cette technologie continuera d’améliorer les services déjà existants pour le grand public. Au-delà d’une utilisation classique, la 5G ouvre de nouveaux champs d'application industrielle qui vont nécessiter un débit très élevé, une connectivité en temps réel et un volume considérable de données.

 

F.N.H. : Concrètement, que va apporter la 5G au Maroc ?

A. E. : Comme partout dans le monde, cette technologie va apporter de la valeur ajoutée au développement et à la digitalisation du pays. C’est un véritable atout pour la transformation des villes traditionnelles en villes intelligentes. Aussi, les fonctionnalités de la 5G pourraient s'avérer utiles dans de nombreux domaines de la santé, notamment la télésanté avec le transfert de fichiers médicaux volumineux, la surveillance en temps réel des patients. Également, avec la pandémie de la Covid-19, nous avons vu l’importance du télé-enseignement qui deviendra une partie importante dans le paysage éducatif. La 5G, en complément avec la fibre optique, va apporter davantage à la qualité de vie de tous les citoyens à mesure de l’exploiter pour des usages vitaux pour l'être humain, tels que la santé, les smart-cities. Nous en aurons besoin aussi pour améliorer la qualité de l'environnement, pour économiser de l'eau et pour toucher tous les aspects de la vie des Marocains.

 

F.N.H. : La 5G représentet-elle un investissement élevé pour les opérateurs télécoms marocains ?

A. E. : La 5G progresse à faible vitesse parce qu’il y a des contraintes techniques et réglementaires dans chaque pays. D'abord, il faut libérer de la bande de fréquence (3,4 - 3,8 GHz). Il s’agit de la ressource naturelle la plus chère pour un réseau mobile, ce qui nécessite du temps, étant donné que certaines bandes sont encore occupées par d'autres technologies. Ensuite, il y a la question de la rentabilité. Sur ce point, il faut que les autres domaines suivent à tous les niveaux, dans tous les départements, en pensant à digitaliser, à monitorer, et à réduire la fracture numérique entre les régions, les zones rurales et urbaines. Pour que cette technologie soit rentable, il faut mettre en place les différents logiciels et applications nécessaires à son utilisation. La difficulté principale tient notamment au coût d’installation de la 5G bien plus élevé qu’une antenne 4G. Le déploiement de la 5G suppose de gros investissements. Les opérateurs devraient débourser des milliards d’euros.

 

F.N.H. : Quand cette technologie sera-t-elle disponible ?

A. E. : Comme la 4G a pris dix ans et ce n’est pas encore fini, la construction du réseau 5G au Maroc pourrait prendre entre 10 à 15 ans pour un déploiement généralisé sur l’ensemble du territoire national. Au Maroc, nous sommes encore dans les starting-blocks et les autorités n'ont pas encore réglementé les licences. Il est prévu que les réseaux et services 5G soient disponibles à compter de 2023, année qui correspond à la période couverte par la note d’orientations générales pour le développement du secteur des télécommunications au Maroc.

 

La 5G est-elle nocive pour la santé ?
Il y a près de 10 ans, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) concluait que le risque existe, mais qu’il n’a pas encore été prouvé. «Malgré de nombreuses recherches, rien n’indique pour l’instant que l’exposition à des champs électromagnétiques de faible intensité soit dangereuse pour la santé humaine», précise l’OMS. À l’instar de son expertise, une récente étude parue en 2021 dans la revue Journal of Exposure Science & Environmental Epidemiology atteste que les risques sanitaires sont quasiment inexistants. «Dans la continuité de ses travaux d’expertise sur radiofréquence et santé, et sur la base des données scientifiques disponibles à ce jour», l’ANSES estime peu probable que le déploiement de la 5G dans la bande de fréquences 3,5 GHz présente de nouveaux risques pour la santé.

 

 

 

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