Inflation, déficit budgétaire, croissance et dette : Fouzi Lekjaa a dressé le bilan des finances publiques pour 2024 et évoqué les objectifs fixés pour 2026.
Malgré une conjoncture internationale incertaine et une sixième année consécutive de sécheresse, le Maroc est parvenu à améliorer plusieurs de ses principaux indicateurs macroéconomiques en 2024. C'est ce qu'a affirmé, mercredi, le ministre délégué chargé du Budget, Fouzi Lekjaa, lors d'une réunion de la Commission du contrôle des finances publiques et de la gouvernance à la Chambre des représentants, consacrée à l'examen du projet de loi de règlement n°04.26.
Le responsable gouvernemental a rappelé que l'exécution du budget 2024 s'est déroulée dans un environnement marqué par les répercussions persistantes du ralentissement économique mondial, auxquelles se sont ajoutés les effets d'une nouvelle campagne agricole affectée par la sécheresse.
Cette situation a pesé sur les performances du secteur agricole, dont la valeur ajoutée a reculé de 4,8%, avant que les précipitations enregistrées par la suite n'atténuent partiellement les conséquences de cette crise hydrique.
Malgré ce contexte difficile, l'économie marocaine a enregistré une croissance de 3,8% en 2024, soit une légère progression par rapport à l'année précédente. Selon Fouzi Lekjaa, cette performance demeure encourageante compte tenu des difficultés rencontrées et du ralentissement observé dans plusieurs économies européennes.
Le ministre a expliqué que cette croissance a essentiellement été soutenue par les activités non agricoles, dont la progression a atteint 4,5%. La valeur ajoutée hors agriculture a ainsi augmenté de 0,8%, portée notamment par le dynamisme du tourisme, des exportations de phosphates ainsi que de l'industrie automobile.
Pour le gouvernement, ces résultats montrent une transformation progressive de la structure de l'économie nationale, de plus en plus appuyée sur des secteurs à forte valeur ajoutée tels que l'automobile, l'aéronautique, les énergies renouvelables et le tourisme, réduisant progressivement la dépendance de la croissance aux conditions climatiques.
Fouzi Lekjaa a également mis en avant le net ralentissement de l'inflation. Après avoir culminé à 6,6% en 2022, le taux d'inflation est retombé à seulement 0,1% en 2024. Il a toutefois souligné que la maîtrise de l'inflation ne règle pas à elle seule la question du pouvoir d'achat, notamment pour les ménages les plus modestes.
Sur le plan budgétaire, le déficit public a été ramené à 3,8% du PIB en 2024. Selon le ministre, cet indicateur demeure essentiel puisqu'il détermine les besoins de financement de l'État, qu'ils soient couverts par des ressources internes ou par le recours à l'endettement extérieur.
Évoquant l'exécution de la loi de finances 2026, le ministre délégué chargé du Budget s'est montré confiant. À fin juin, les recettes publiques poursuivent leur progression tandis que les dépenses restent maîtrisées.
Dans ces conditions, le gouvernement table sur un déficit budgétaire limité à environ 3% à la fin de l'exercice 2026, avec un ratio d'endettement qui devrait passer sous le seuil de 66% du PIB.