La BMCI a obtenu la certification Top Employer 2025, un label qui distingue la qualité des pratiques RH. Pour Othmane Arhmir, Directeur des ressources humaines de la banque, cette reconnaissance s’inscrit dans une trajectoire de transformation déjà engagée. Structuration de la politique RH, expérience collaborateur, adaptation aux nouvelles générations et à la montée en puissance de l’IA…, il détaille les priorités de la BMCI.
Propos recueillis par Y. Seddik
Finances News Hebdo : La BMCI a décroché la certification Top Employer 2025. Que représente concrètement cette distinction pour votre politique RH ?
Othmane Arhmir : Pour nous, la certification Top Employer est avant tout une reconnaissance. C’est la reconnaissance d’un travail de fond mené depuis plusieurs années sur plusieurs axes de notre politique RH. Ce travail a porté, notamment, sur le bien-être des collaborateurs, mais aussi sur la structuration de nos pratiques en matière de mobilité, de recrutement et de formation. L’ensemble de ces chantiers nous a permis d’atteindre des standards internationaux, aujourd’hui reconnus à travers une certification elle-même reconnue à l’échelle mondiale. Au-delà de l’aspect symbolique, cette distinction vient consacrer une dynamique de transformation déjà engagée au sein de notre banque.
F.N.H. : Le référentiel Top Employer repose sur plusieurs domaines exigeants. Sur quels axes la BMCI estime-t-elle avoir le plus progressé ces dernières années ?
O. A. : Le référentiel Top Employer est particulièrement exigeant, avec plus de 250 critères évalués. Parmi les axes sur lesquels nous estimons avoir le plus progressé, je citerais d’abord la formation, que nous avons davantage structurée autour de la performance et du développement des collaborateurs. Nous avons également avancé de manière significative sur la mobilité interne et les parcours de carrière, avec une approche plus organisée et plus lisible pour les collaborateurs. Un autre axe important concerne la diversité, l’inclusion et l’égalité des chances, aussi bien au moment du recrutement que tout au long du parcours interne. Enfin, nous avons mené des actions concrètes sur le bienêtre au travail, l’accompagnement social des collaborateurs, ainsi que sur la digitalisation de nos processus RH, notamment à travers des dispositifs de self-service destinés à simplifier l’expérience collaborateur.
F.N.H. : Vous insistez sur l’expérience collaborateur, depuis l’intégration jusqu’au développement de carrière. Quelles sont les principales actions mises en place par la BMCI pour accompagner ses collaborateurs ?
O. A. : J’irais même un peu plus loin en parlant d’une expérience collaborateur qui couvre l’onboarding, le développement… mais aussi l’offboarding. Tout commence dès l’intégration, avec des parcours d’onboarding plus immersifs. Les nouveaux collaborateurs ont la possibilité de découvrir la banque de manière plus structurée, afin de mieux comprendre son fonctionnement et ses métiers dès leur arrivée. Ensuite, nous les accompagnons dans leur développement à travers plusieurs leviers : la formation, l’accompagnement RH, mais aussi des actions liées au bien-être au travail. Enfin, nous accordons de l’importance à l’offboarding. Nous recevons les collaborateurs qui quittent la banque afin de comprendre les raisons de leur départ, analyser les retours et, lorsque c’est nécessaire, mettre en place des actions correctives. Cette étape fait pleinement partie de notre logique d’amélioration continue.
F.N.H. : Dans un contexte de transformation du secteur bancaire, comment la fonction RH s’adapte-telle aux nouvelles attentes des collaborateurs ?
O. A. : La fonction RH doit s’adapter à plusieurs transformations simultanées. D’abord, il y a l’évolution des attentes des collaborateurs. En 2026, plusieurs générations cohabitent au sein de la BMCI : on parle beaucoup de la génération Z, mais elle travaille aux côtés d’autres générations, avec des attentes parfois différentes. Cela nous oblige à faire évoluer nos pratiques managériales, mais aussi nos pratiques RH, afin d’accompagner les managers dans cette nouvelle réalité. Ensuite, il y a le volet technologique. L’essor de l’intelligence artificielle va profondément transformer les pratiques, y compris dans le secteur bancaire. Nous adoptons de plus en plus d’outils basés sur l’IA, ce qui implique une évolution des métiers : certaines tâches à faible valeur ajoutée vont diminuer, tandis que les besoins en compétences à plus forte valeur ajoutée vont se renforcer. Dans ce contexte, le cadre RH doit évoluer en matière de formation, d’accompagnement et de développement des compétences, notamment celles liées à l’usage de l’intelligence artificielle. Plus largement, la technologie prend une place croissante dans la banque, qu’il s’agisse de la digitalisation des processus internes ou de la relation avec les clients. Le rôle des RH est d’accompagner cette transition pour permettre à l’organisation de mieux servir ses clients.
F.N.H. : Enfin, quels sont désormais vos chantiers prioritaires pour continuer à faire évoluer l’environnement de travail à la BMCI ?
O. A. : Cette certification est une vraie reconnaissance de nos pratiques RH, mais elle n’est pas une finalité en soi. Nous la considérons aussi comme un outil de benchmark et un levier pour nous améliorer en continu. Parmi les chantiers prioritaires, il y a d’abord la marque employeur. Nous devons renforcer notre visibilité et notre attractivité dans un marché bancaire de plus en plus compétitif, notamment sur les compétences liées à la transformation technologique. Nous devons également continuer à recruter de nouveaux talents, tout en consolidant les dispositifs qui permettent de fidéliser et de développer les collaborateurs déjà en place. Un autre axe important reste l’écoute des collaborateurs. C’est un chantier central pour continuer à faire évoluer nos pratiques RH et améliorer l’environnement de travail. Enfin, nous avons l’ambition de poursuivre nos progrès sur l’ensemble des dimensions évaluées par le référentiel Top Employer. Cette certification nous positionne déjà parmi les cinq entreprises les mieux benchmarkées sur le marché marocain, mais nous aspirons réellement à devenir numéro 1 et de continuer à progresser, de manière concrète et durable. Pour conclure, ce label vient confirmer une trajectoire déjà engagée. Il ne crée pas notre ambition, il la reconnaît.