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Afrique – Moyen-Orient : l’international devient un véritable moteur de croissance

Afrique – Moyen-Orient : l’international devient un véritable moteur de croissance

Portés par une décennie de transformation interne, les géants marocains du BTP accélèrent désormais leur projection hors des frontières. Afrique de l’Ouest, Afrique centrale, Moyen-Orient : autant de marchés en pleine mutation, où la demande en infrastructures dépasse largement l’off re locale.

Pour des acteurs comme TGCC, SGTM ou Jet Contractors, l’internationalisation n’est plus un relais complémentaire, mais un axe stratégique pour capter des marchés massifs, mieux rémunérés et structurants pour leur développement futur. Le continent connaît en effet une dynamique unique au monde : une croissance démographique appelée à porter la population africaine à 2,4 milliards d’habitants d’ici 2050, une urbanisation sans précédent - la population urbaine passera de 650 millions en 2020 à 1,4 milliard en 2050 - et des besoins en infrastructures évalués à 130 milliards USD par an. Routes, ports, zones industrielles, énergies renouvelables, logements, métros, hubs logistiques…, des projets d’une ampleur rarement observée ailleurs sont attendus.

L’échelle des chantiers est révélatrice : l’autoroute Abidjan-Lagos (965 km, 15,6 milliards USD), le TER de Dakar, le métro de Lagos, ou encore les projets énergétiques de Nachtigal au Cameroun et Lake Turkana au Kenya. Ces chantiers traduisent un mouvement de fond : l’Afrique se structure et accélère. L’Afrique de l’Ouest incarne cette dynamique avec une croissance autour de 5% et un poids du BTP déjà majeur dans plusieurs économies régionales : 7% du PIB au Sénégal, 4,3% en Côte d’Ivoire, près de 6% au Burkina Faso.

Dans ce continent où les besoins dépassent les capacités locales, les entreprises marocaines du BTP disposent de quelques avantages stratégiques  : une expertise reconnue, un savoir-faire éprouvé dans les projets d’envergure, une proximité culturelle et des modèles d’exécution compétitifs.

Moyen-Orient : l’autre eldorado

Si l’Afrique constitue un socle naturel pour l’expansion marocaine, le Moyen-Orient représente l’autre terrain d’hyper-croissance. Au premier rang : l’Arabie Saoudite. Avec Vision 2030, le Royaume investit à une échelle inédite pour transformer son économie et ses villes. Le marché saoudien du BTP est estimé à 1.300 milliards USD d’ici 2030 contre 655 milliards aujourd’hui. Même si plusieurs mégaprojets, dont NEOM, connaissent des ajustements d’échelle, l’appétit demeure colossal : infrastructures urbaines, complexes touristiques, zones industrielles, routes, lignes ferroviaires, stades et équipements sportifs en vue de la Coupe du monde 2034. Pour les groupes marocains, il s’agit d’un marché exigeant, mais mieux rémunéré, solvable, et à très forte visibilité. Les premiers mouvements y sont déjà engagés.

 

TGCC : l’ouverture de l’Arabie Saoudite comme catalyseur

Déjà très présente en Afrique de l’Ouest (Côte d’Ivoire, Sénégal, Gabon), TGCC a franchi une étape décisive en 2024 avec l’ouverture de TGCC Arabie Saoudite. L’international représente désormais 7% de son chiffre d’affaires, un niveau encore modeste mais qui marque une volonté claire de s’installer durablement dans les zones à forte croissance. L’expansion africaine de TGCC repose historiquement sur une stratégie de consolidation : implantation locale, montée en compétence des équipes, exécution de projets d’envergure pour capitaliser sur la réputation d’un groupe capable de tenir coûts, délais et qualité. En Arabie Saoudite, la démarche est plus offensive : construire une présence commerciale rapide, cibler les appels d’offres des programmes Vision 2030 et se positionner dans les bâtiments complexes, les infrastructures tertiaires ou industrielles. Pour TGCC, l’enjeu est double : diversifier ses revenus dans un marché marocain plus stable mais moins dynamique, et se positionner suffisamment tôt pour capter une part des investissements pharaoniques du Golfe.

Jet Contractors : un quart de l’activité réalisé à l’international

Jet Contractors est l’un des groupes marocains les plus avancés dans son internationalisation. Avec un carnet de commandes dépassant 8 milliards de dirhams, plus de 3 milliards de dirhams de chiffre d’affaires et 2.000 références dans 16 pays, l’entreprise a bâti un modèle singulier: haute technicité, exécution rapide, et présence là où les conditions de paiement sont plus favorables. L’international représente déjà un quart de son activité, soutenue par une diversification géographique maîtrisée en Afrique subsaharienne. Cette avance lui offre une lecture fine des marchés et une capacité

Jet Contractors étudie désormais sérieusement une implantation en Arabie Saoudite. Le groupe y voit une continuité logique : profondeur du marché, besoin massif de façades techniques et de complexes architecturaux, domaines où il dispose d’un avantage compétitif.

SGTM : la montée en puissance structurée d’un champion du génie civil

Longtemps concentrée sur les grands projets au Maroc, SGTM déploie désormais une stratégie internationale articulée autour de ses métiers historiques : aménagements hydrauliques, ouvrages d’art complexes, travaux maritimes et fluviaux, bâtiments industriels, projets miniers et énergétiques. Le groupe a déjà ouvert des filiales en Côte d’Ivoire, Burkina Faso et Cameroun, où il exécute des projets majeurs. Le plus emblématique demeure l’aménagement de la Baie de Cocody à Abidjan, inauguré en 2022, vitrine d’un savoir-faire technique qui lui permet de rivaliser avec les grands constructeurs internationaux.

Pour les prochaines années, SGTM vise une double accélération : • renforcer sa présence en Afrique de l’Ouest, sur des marchés francophones comme anglophones; • s’ouvrir au Moyen-Orient, avec une priorité donnée à l’Arabie Saoudite, avant une expansion plus large sur le Golfe. Le groupe prévoit même de développer une offre complète dédiée aux groupes miniers du continent, un segment stratégique largement sous-exploité et cohérent avec son expertise au Maroc. Les trois champions marocains partagent désormais une même lecture du marché : la croissance future du BTP ne se joue plus uniquement au Maroc, mais dans les zones où la demande explose et où les marges restent attractives. L’Afrique combine besoins gigantesques, urbanisation accélérée, et transition énergétique. Le MoyenOrient offre des projets d’une ampleur mondiale, des conditions financières solides et des perspectives de long terme.

Pour TGCC, SGTM et Jet Contractors, l’enjeu n’est pas seulement de capter des contrats : il s’agit de changer d’échelle, de sécuriser la croissance dans des marchés plus vastes que ceux du Royaume, et de s’installer comme des acteurs régionaux incontournables. Le Maroc dispose aujourd’hui d’un BTP capable de se projeter, de rivaliser, de livrer des projets complexes et de porter l’image d’un savoir-faire national qui s’exporte. La prochaine décennie dira si cette internationalisation devient le véritable pilier d’un nouveau modèle de développement pour ses géants du BTP.

 

 

 

 

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