Guelmim - Oued Noun : «L’un des projets phare pour le développement de la région est le nouveau port de Tan Tan»

Guelmim - Oued Noun : «L’un des projets phare pour le développement de la région est le nouveau port de Tan Tan»

A l’occasion de la 8ème édition du Congrès mondial de l’organisation des cités et gouvernements locaux unis (CGLU), tenu à Tanger, Mbarka Bouaida, présidente de Guelmim-Oued Noun, a détaillé les ambitions de la région en matière de transition énergétique, de financement vert et d’attractivité économique. Entretien.

 

Propos recueillis par Z. A.

Finances News Hebdo : Pourquoi était-il important que vous soyez présente à ce panel pour parler de finance verte ?

Mbarka Bouaida : Lors de ce panel, nous avons discuté et donné beaucoup d’exemples sur le modèle marocain. Ce fut l’occasion aussi de voir comment le modèle espagnol a réussi. Le panéliste espagnol a appelé à une intelligence locale, une meilleure définition du besoin au niveau local, avec une interaction directe au niveau central pour faire converger les politiques publiques et faire aboutir les projets positifs pour le futur. Ce fut d’ailleurs l’occasion de discuter du modèle marocain, basé de plus en plus sur la décentralisation et la déconcentration. Ce modèle est doté d’un cadre institutionnel clair pour les collectivités territoriales afin de leur permettre de travailler sur l’ensemble de leurs projets, dont certains autour du changement climatique et du développement durable. Le Maroc présente plusieurs projets qui répondent à ces critères de financement vert. Toutefois, le principal défi consiste à trouver la meilleure manière de formuler ces projets, de les placer dans un cadre global pour répondre au changement climatique, de profiter des mécanismes de financement vert à l’international et d’assurer une gouvernance locale qui va nous permettre de développer un certain nombre d’expertises. Cela permettra aussi de discuter avec les partenaires internationaux et d’exécuter ces projets au niveau local et régional.

 

F. N. H. : Guelmim-Oued Noun a des atouts énergétiques importants. Sur quels projets travaillezvous concrètement en ce moment ?

M.B. : Notre région possède plusieurs atouts. En termes d’énergies renouvelables, nous avons de quoi être fiers, vu le potentiel de Guelmim-Oued Noun. Nous nous sommes basés sur ce potentiel pour bâtir notre plan de développement régional. L’ambition est de pouvoir créer des emplois, rattraper le retard au niveau des infrastructures et mettre la région à niveau pour qu’elle puisse attirer les investissements nécessaires. Plusieurs investissements sont traités au niveau du Centre régional d’investissement, dont un signé devant Sa Majesté, porté par TotalEnergies avec un fonds souverain danois. Par ailleurs, nous avons procédé à la signature avec des investisseurs américains pour la création d’une unité de fabrication de plaques de polysilicium. Comme nous avons pu constater un intérêt de plusieurs investisseurs chinois, italiens, britanniques, etc. L’un des projets phares pour le développement de la région est le nouveau port de Tan Tan. Ce port est inscrit dans la feuille de route de l’hydrogène vert, un projet structurant, très attendu. Ce nouveau port va changer l’image de la région. Il s’inscrit aussi dans la nouvelle génération de ports que Sa Majesté veut voir au Maroc, et Tan Tan s’y prête parfaitement de par son positionnement stratégique.

 

F. N. H. : Quels obstacles freinent encore l’accès de votre région aux financements internationaux ?

M.B. : Guelmim-Oued Noun a signé des conventions de partenariat avec des institutions financières internationales comme la BERD et l’Agence française de développement (AFD). Nous sommes en cours de signature avec la Société financière internationale (SFI), et en discussion avec la BEI. Toutefois, le risque de change est omniprésent, d’autant que nous ne pouvons pas emprunter en Dirhams convertibles. Nous sommes en discussion avec des partenaires institutionnels, comme le ministère de l’Intérieur, mais aussi la Trésorerie du Royaume, pour trouver des mécanismes de couverture de change. Si nous parvenons à des accords, nous pourrons dupliquer cela sur l’ensemble des collectivités territoriales. Aujourd’hui, l’avantage des financements internationaux, c’est le partage des expériences, mais aussi le transfert des compétences.

 

F. N. H. : Que veut-dire développement territorial durable pour votre région en 2026 ?

M.B. : Le développement durable territorial pour notre région signifie d’abord exécuter tous les projets dans le temps. Nous sommes à près de 10 milliards de DH d’investissements en cours de réalisation. Une fois finalisés, nous pourrons inscrire la région dans le développement durable. J’ai un autre projet qui me tient personnellement à cœur, à dimension humaine, qui est celui de généraliser les parcs urbains à l’ensemble des communes urbaines de la région GuelmimOued Noun. J’espère que nous y parviendrons bientôt.

 

 

 

 

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