Bank Al-Maghrib évalue le poids de l’«Economie non observée» au Maroc

Bank Al-Maghrib évalue le poids de l’«Economie non observée» au Maroc

 

- L’économie non observée a une définition plus large que la production informelle.

- Le ratio de la production de l’ENO au PIB se situe en moyenne sur la période 2007-2016 à 31,3%.

 

Dans son rapport annuel 2017, Bank Al-Maghrib s’est livrée à un exercice d’évaluation de l’Economie non observée (ENO) au Maroc, pour appréhender le niveau réel de l’activité économique.

Comme le rappelle la Banque centrale, le produit intérieur brut (PIB) représente l’indicateur le plus utilisé pour mesurer le niveau de l’activité économique.

Mais cet indicateur présente cependant plusieurs limites dont notamment son caractère partiel dans la mesure où il ne prend souvent pas en compte certaines activités communément agrégées sous le nom de l’économie non observée (ENO).

Le Système de Comptabilité Nationale de 2008 et le manuel de l’OCDE sur la mesure de l’ENO, classifient ces activités en quatre groupes :

 

La production souterraine : ce sont les activités productives et légales, mais délibérément soustraites au regard des pouvoirs publics pour éviter le paiement d’impôts ou le respect de certaines réglementations.

La production illégale : il s’agit d’activités de production de biens et de services interdites par la loi ou exercées par des producteurs non autorisés ;

La production informelle : c’est une production marchande réalisée par des entreprises non constituées en sociétés appartenant aux ménages, qui ne sont pas enregistrées et/ou inférieures à une taille donnée en termes d’effectifs ;

La production des ménages pour leur propre compte : il s’agit d’activités productives qui se traduisent par une consommation ou une accumulation de biens et de services par les ménages qui les produisent.

 

«La non prise en compte de toutes ces composantes dans le calcul du PIB s’explique par plusieurs raisons dont notamment l’indisponibilité des données, liée parfois à la sensibilité des questions traitées, et la difficulté de la délimitation conceptuelle et empirique des activités concernées», souligne BAM.

Pour approcher la taille de l’ENO dans sa globalité au Maroc, Bank Al-Maghrib a utilisé la méthode monétaire en raison notamment de la disponibilité des  données nécessaires.

Les résultats obtenus indiquent que le ratio de la production de l’ENO au PIB se situe en moyenne sur la période 2007-2016 à 31,3%, niveau proche des estimations de plusieurs études à l’international ayant intégré le Maroc dans leurs champs de couverture (tableau ci-dessous).

 

 

Notons qu’au niveau international, La Suisse ressort comme le pays où le poids de l’ENO est le plus faible (9% du PIB), suivie des Etats-Unis (9,4%) et l’Autriche (9,9%). Les taux les plus élevés sont relevés pour la Géorgie (64,9%), la Bolivie (62,3%) et le Zimbabwe

(60,6%). Avec un taux de 34%, le Maroc se positionne au 91ème rang, devant des pays comme l’Egypte (34,2%) ou la Tunisie (35,3%), mais se situant derrière des économies comme la Malaisie (31,5%) ou la Turquie (31,3%).

 

 

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