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Festival Jazz au Chellah : La jeunesse et la voix féminine élevées au rang de devises

Festival Jazz au Chellah : La jeunesse et la voix féminine élevées au rang de devises

Du 29 septembre au 2 octobre, à Rabat, aura lieu la 25ème édition du festival Jazz au Chellah. Plus de 50 musiciens d’Europe et du Maroc se retrouveront sur scène pour des rencontres-fusions inédites où se mélangent le jazz européen et les répertoires musicaux du royaume. Le menu proposé est fin, riche et copieux. Aperçu du programme.

 

Par R. K. H.

 

 

Impulsé depuis 1996 par l’Union européenne au Maroc, sous le signe Jazz européen- musiques marocaines, «Jazz au Chellah» s’est rapidement affirmé comme une étape décisive dans le cirque itinérant des festivals de  jazz. Son atout majeur réside dans son rejet obstiné du tout-venant. C’est ainsi que les musiciens invités délaissent les œuvres rabâchées et font preuve de culot et d’imagination, au grand bonheur des passionnés qui se déversent par flots sur le site de Chellah (dont la taille s’avère incapable de contenir un tel déferlement).

 

Que de plaisirs décoiffants !

Chellah. Cette forteresse assiégée à la fois par la mer et par le fleuve, se mue le temps d’un festival, en un lieu enchanté où le désir de musique (de jazz, d’improvisation) et l’envie de décloisonner les genres sont une règle d’or. Un alliage qui donne des boutons aux croisés de la pureté du genre, et en parfaite harmonie avec la devise du jazzophile et écrivain Boris Vian qui trouve que le meilleur moyen de ne pas sortir du jazz était encore d’en agrandir davantage les frontières.

D’où une programmation exemplaire dans sa radicalité, qui nous offrira, entre autres plaisirs décoiffants, les O-Jana/llevage, à qui on doit l’intrusion «incongrue» instruments polonais modernes à ceux, plus classiques, des Frères Souissi, saupoudré de voix féminines italiennes dans le jazz; le Béninois spécialiste des percussions africaines Joseph Bessan Kouassi, tout en énergie, finesse et émotion; le Quintet éclectique Ernesto Montenegro accompagnée de l’énergétique Hind Ennaira dont la voix cristalline et son guembri mélancolique projettent dans un univers édénique; le pianiste Stéphane Tsapis qui comblera d’aise nos papilles gustatives, avec son Tsapis volant, un tableau de la plus belle eau composé de voix féminines aussi diverses qu’unies, prenantes autant que généreuses, accompagnées du ney et du violon d’Adil Charfi; le trio du violoncelliste Zakaria Dorhmi (avec le percussionniste Redwane El Alami et le luthiste Amine Yamane); le Quintet maroco-belgo-franco-portugais Mäak, qui associe, avec bonheur, les percussions orientales du virtuose Mustapha Antari; le fabuleux Quartet so jazzy, Magic Spirit : fruit d’une rencontre entre le trompettiste suédois Goran Kajfes et le «magicien des rencontres» Majid Bekkas qui remonte à la 10ème édition du Jazz au Chellah, et dont la volonté est de construire des passerelles musicales entre les deux continents.

Sans oublier, le jeune trio piano d’Europe Dock In Absolute, qui proposera un plateau moderne avec Axel Camil Hachadi; le trio ébouriffant Nono Garica aux sonorités jazz flamenco. Chacun, à sa manière, est pétri de la singulière capacité de donner à cette fête des sens une vibration inoubliable, et de nous faire palpiter d’une profonde et vive émotion.

 

Deux concerts de rencontres-fusions par soir

 «Le jazz est une musique qui a permis à l’Union européenne de proposer une plateforme musicale unique : celle de la rencontre et des fusions inédites entre le jazz européen et les répertoires musicaux de toutes les régions du Royaume (…) A l’image du partenariat Maroc-Union européenne, nous avons basé le festival Jazz au Chellah sur le dialogue, l’échange et le respect mutuel», souligne Patricia Llombart Cussac, ambassadrice de l’Union européenne au Maroc.

On le répétera à l’envi : s’il faut assister à un festival cet automne, que ce soit celui-là.«Jazz aux Chellah», c’est le gratin des manifestations musicales locales, autant par le lieu gorgé de mémoire où il a élu domicile que par le principe qui le régit (l’ouverture et le partage), sans parler de la qualité flamboyante des jeunes musiciens qu’il convie. A l’image de l’incommensurable quartet multinational Arifa et le nouveau duo Soukaina Fahsi & le grand spécialiste du Ribab amazigh Aziz Ouzous qui, avec leur curiosité musicale sans rivages, symbolisent les vertus de «Jazz au Chellah». C’est pour cette raison qu’ils en donnent le la, jeudi 29 septembre. Pourrait-on rêver de meilleure entrée en matière ?

 

* La 25e édition du Jazz au Chellah s’inscrit également dans le cadre de la célébration de Rabat capitale africaine de la culture.

 

Hors les murs
Le festival sort des murs du Chellah avec une déambulation dans les rues de Rabat. Les voix et instruments Issaoua de Mqadam Sedik Benlaiachi fusionneront avec la musique magnétique de Mâäk Spirit. Les musiciens sillonneront Mahaj Riad et Bab El Had le 29 septembre. Qui plus est, deux artistes européens au programme offriront des masterclass le vendredi 30 septembre et le samedi 1er octobre au café la Scène du cinéma Renaissance.

 

 

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